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Le Burkina Faso échappe à de nouvelles sanctions ouest-africaines

AFRIQUE
Le Burkina Faso échappe à de nouvelles sanctions ouest-africaines
Drapeau de la Cédéao entouré de ceux de pays membres lors du deuxième sommet extraordinaire sur la situation politique au Burkina Faso, à Accra au Ghana, le 3 février 2022
Drapeau de la Cédéao entouré de ceux de pays membres lors du deuxième sommet extraordinaire sur la situation politique au Burkina Faso, à Accra au Ghana, le 3 février 2022
afp.com – Nipah Dennis
03 FÉV 2022
Mise à jour 03.02.2022 à 20:00
Par Serge DANIEL
AFP
© 2022 AFP
Le Burkina Faso a échappé jeudi à de nouvelles sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui demande aux militaires qui y ont pris le pouvoir le 24 janvier, un calendrier rapide de retour à l’ordre constitutionnel.

L’organisation régionale a en revanche décidé de maintenir ses sanctions contre le Mali et la Guinée, deux pays où des militaires ont également pris le pouvoir par la force, en 2020 et 2021.

Réunis en sommet à Accra, les chefs d’Etats ouest-africains ont demandé « l’élaboration rapide d’un chronogramme (calendrier, ndlr) raisonnable pour le retour à l’ordre constitutionnel » au Burkina Faso, a déclaré lors d’une conférence de presse, le président de la Commission de la Cédeao, Jean-Claude Kassi Brou.

Aucune nouvelle sanction n’a été prise contre ce pays qui avait été suspendu vendredi des instances de l’organisation régionale.

« La résurgence des coups d’Etat dans notre région est un sujet de grave préoccupation. Cette évolution remet en cause le mode de vie démocratique qu’on a choisi », a déclaré le président ghanéen Nana Akufo-Addo, en ouvrant le sommet, appelant la Cédeao à « rester ferme ».

Mais pour le président sénégalais, « il nous faut réfléchir sur ces coups d’Etat malgré les sanctions que nous prenons », selon des propos rapportés à l’AFP par l’un de ses proches.

Présent au sommet, le représentant spécial de l’ONU en Afrique de l’Ouest et au Sahel (Unowas), Mahamat Saleh Annadif, « a souligné l’importance de coordonner davantage les efforts de la Cédéao, l’Union Africaine, et les Nations unies pour assurer une transition rapide » au Burkina, indique un communiqué.

  • « Calendrier raisonnable » exigé du Mali –

Deux missions de la Cédeao, l’une militaire, l’autre ministérielle, se sont rendues à Ouagadougou ces derniers jours.

A Accra, les chefs d’Etat ont entendu le compte-rendu des participants à ces missions qui avaient rencontré le nouvel homme fort du Burkina Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba.

Après ces rencontres, la ministre des Affaires étrangères du Ghana, Shirley Ayorkor Botchwey, avait parlé lundi de « discussions franches » et trouvé la junte « très ouverte aux suggestions et aux propositions » de la Cédéao.

Avec d’autres membres de la délégation, elle avait pu rencontrer le président renversé Roch Marc Christian Kaboré, placé en résidence surveillée et qui, avaient-ils dit, va « très bien ».

La Cédéao a réitéré jeudi sa demande d’une « libération immédiate » de M. Kaboré.

« Sur le Mali, les chefs d’Etats ont noté que la dernière proposition de la junte était une transition de 5 ans. Nous avons déjà dit que c’est inacceptable. Nous attendons un autre calendrier raisonnable », pour alléger les sanctions, a déclaré M. Kassi Brou.

La Cédéao a lourdement sanctionné en janvier la junte du colonel Assimi Goïta, porté à la tête du Mali par un premier coup d’Etat en août 2020 et intronisé président « de la transition » à la suite d’un second putsch, en mai 2021.

  • Conakry doit fixer un délai –

Ces sanctions – fermeture des frontières avec les pays de la Cédéao, embargo sur les échanges commerciaux et transactions financières notamment – punissent le projet des militaires de continuer à gouverner pendant plusieurs années, et leur engagement non tenu d’organiser en février des élections qui auraient ramené des civils à la tête du pays.

Ces derniers jours, la tension est encore montée d’un cran entre la junte malienne et les pays partenaires du groupement européen de forces spéciales Takuba qui lutte contre les groupes jihadistes, France en tête.

Depuis des insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012, le Mali est livré aux agissements de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique, et aux violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d’autodéfense et des bandits.

Les forces régulières maliennes sont elles-mêmes accusées d’exactions.

La violence des groupes jihadistes s’est ensuite étendue au Burkina Faso, au Niger et, dans une moindre mesure, aux pays du Golfe de Guinée situés plus au sud.

Concernant la Guinée, « notre message est clair », a dit M. Kassi Brou: « un chronogramme devant conduire aux élections est attendu avant de parler d’allégement de sanctions ».

Le colonel Mamady Doumbouya, au pouvoir depuis un coup d’Etat en septembre, est visé avec les membres de sa junte par des sanctions. Il a promis de rendre le pouvoir aux civils, tout en refusant de se laisser dicter un délai pour la transition.

Plusieurs chefs d’Etat présents jeudi devaient quitter Accra pour aller directement à Addis-Abeba, assister à un sommet de l’Union africaine.

afp

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