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L’Afrique est le « point chaud du terrorisme dans le monde »

Les experts de la lutte contre le terrorisme ont déclaré mardi que l’Afrique est désormais le point chaud du terrorisme dans le monde, avec la moitié des victimes tuées l’année dernière en Afrique subsaharienne, bien que les affiliés d’Al-Qaïda et de l’État islamique restent répandus, persistants et actifs dans d’autres parties du monde.

Interpol, l’agence internationale de police criminelle, a également indiqué lors d’une table ronde à l’ONU que le terrorisme lié à l’idéologie d’extrême droite a été multiplié par 50 au cours de la dernière décennie, en particulier en Europe, en Amérique du Nord et dans certaines parties de l’Asie-Pacifique.

Les experts perçoivent d’autres tendances : la détérioration de la sécurité mondiale rend la menace terroriste « plus complexe et plus décentralisée ». Les extrémistes ont de plus en plus recours à des technologies sophistiquées, et les drones et l’intelligence artificielle ont ouvert de nouvelles voies pour planifier et mener des attaques.

Les Nations unies accueillent cette semaine la troisième conférence de haut niveau des chefs des agences de lutte contre le terrorisme. Le panel de mardi sur l’évaluation des tendances et des menaces terroristes actuelles et émergentes a réuni des experts des Nations unies, d’Interpol, de la Russie, des États-Unis et du Qatar, ainsi que le directeur principal de la veille stratégique de Google.

Le thème général de la semaine est la lutte contre le terrorisme grâce à une coopération internationale revigorée. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a déclaré lors de la séance d’ouverture de lundi qu’il était essentiel de s’unir non seulement pour déjouer les attentats, mais aussi pour prévenir le terrorisme en s’attaquant à la pauvreté, à la discrimination, aux infrastructures déficientes, aux violations flagrantes des droits de l’homme et à d’autres facteurs sous-jacents.

Lors de la session de mardi, c’est l’Afrique qui était sus les feux des projecteurs_._« L’Afrique est devenue le principal champ de bataille du terrorisme, avec une augmentation importante du nombre de groupes actifs sur le continent », a déclaré le sous-secrétaire général de l’ONU, Khaled Khiari, notant que les « fractures » politiques, économiques et sociales locales, les frontières poreuses et la « mobilisation fondée sur l’identité » avaient alimenté l’émergence d’Al-Qaïda et du groupe État islamique.

Plusieurs régions du continent, du Burkina Faso au Sahel et plus largement au Tchad et au Soudan, sont toujours confrontées aux conséquences de l’afflux d’armes et de combattants étrangers en provenance de Libye, a indiqué M. Khiari.

La Libye, riche en pétrole, a plongé dans le chaos après le soulèvement soutenu par l’OTAN qui a renversé et tué le dictateur de longue date Mouammar Kadhafi en 2011. Après la défaite du califat autoproclamé de l’État islamique en Irak en 2017, nombre de ses combattants étrangers ont fui vers le pays nord-africain.

Le général de corps d’armée Igor Sirotkin, directeur adjoint du Service fédéral de sécurité russe et chef de son Comité national antiterroriste, a déclaré lors de la réunion que l’Afrique de l’Ouest, en particulier le Maghreb et le Sahel, « devient l’épicentre de la menace terroriste islamiste, avec les groupes terroristes armés qui étendent leur influence, et nous voyons le danger de voir l’Etas islamique se réincarner en califat africain. »

L’envoyé spécial du Qatar pour la lutte contre le terrorisme, Mutiaq Al-Qahtani, qui a déclaré que la moitié des victimes d’actes terroristes l’année dernière se trouvaient en Afrique subsaharienne, a demandé que les efforts de lutte contre le terrorisme se concentrent sur le continent.

Justin Hustwitt, coordinateur des experts chargés du suivi des sanctions de l’ONU contre l’État islamique et Al-Qaïda, a déclaré que la situation en Afrique de l’Ouest continuait à se détériorer et que l’EI « semblait essayer de se positionner en tant qu’acteur politique ».

Dans le Grand Sahara, l’EI profite de l’absence d’opérations antiterroristes, en particulier dans la zone des trois frontières entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, et l’on craint de plus en plus que l’EI et Al-Qaïda ne profitent de la moindre occasion au Congo.

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