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Sénégal : l’opposant Ousmane Sonko entame une grève de la faim

L’opposant sénégalais Ousmane Sonko, qui a été arrêté vendredi et mis en cause pour appel à l’insurrection et autres crimes et délits, a annoncé sur les réseaux sociaux avoir entamé une grève de la faim dimanche.

« Face à tant de haine, de mensonges, d’oppression, de persécution, j’ai décidé de résister. J’observe à compter de ce dimanche une grève de la faim », a écrit l’opposant politique sur Facebook, avant d’appeler « tous les détenus politiques à en faire de même ».

Ousmane Sonko doit être interrogé lundi par un juge, a annoncé l’un de ses avocats. Le juge décidera ou non de retenir les charges qui pèsent contre lui.

Au cours d’une conférence de presse dimanche à Dakar, les avocats de Sonko ont déclaré dimanche que les autorités n’avaient pas respecté les droits de leur client.

L’un de ses avocats, le Français Juan Branco, a participé à cette conférence de presse alors que les procureurs sénégalais ont émis un mandat d’arrêt international contre lui le 14 juillet.

« Nous sommes venus ici pour vous dire que nous n’avions pas peur », a déclaré Me Branco. « Je jure de défendre un homme, Ousmane Sonko, dont le corps porte les espoirs de tout un peuple, et donc, de toute l’humanité », a-t-il ajouté.

Juan Branco avait annoncé le 22 juin avoir déposé une plainte en France et une demande d’enquête à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye contre le président sénégalais Macky Sall pour « crimes contre l’humanité », après les pires troubles qu’ait connus le Sénégal depuis des années.

Ces procédures visent également le ministre de l’Intérieur sénégalais, Antoine Félix Abdoulaye Diome, le général Moussa Fall, commandant de la gendarmerie sénégalaise, ainsi qu’une centaine « d’autres individus », et concernent la période allant « de mars 2021 à juin 2023 ».

M. Sonko, dont les péripéties judiciaires scandent la vie politique au Sénégal ces derniers mois, a été arrêté vendredi à Dakar.

La liste des charges retenues contre lui comprend l’appel à l’insurrection, atteinte à la sûreté de l’Etat, association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, complot contre l’autorité de l’Etat, actes visant à compromettre la sécurité publique et à créer des troubles politiques graves et vol.

Il a été arrêté vendredi pour avoir « volé avec violence le téléphone portable d’une femme gendarme » et pour avoir « aussitôt appelé le peuple, par un message subversif divulgué sur les réseaux sociaux, à se tenir prêt », selon le procureur.

La version que M. Sonko a publiée sur les réseaux sociaux avant son arrestation est toute autre: il a accusé des forces de sécurité présentes devant son domicile de l’avoir filmé, et a raconté avoir alors « arraché le téléphone et demandé à la personne (…) d’effacer les images qu’elle a prises », ce que cette dernière a refusé de faire.

« Cette arrestation n’a rien à voir avec la première procédure dans laquelle (Sonko) a été jugé par contumace », a déclaré le procureur Abdoul Karim Diop.

L’opposant avait été condamné le 1er juin à deux ans de prison ferme dans une affaire de moeurs, un verdict qui le rend inéligible en l’état, soulignent ses avocats et des juristes.

Samedi, le journaliste sénégalais Pape Ale Niang, un critique du gouvernement, détenu l’année passée pour « diffusion de fausses nouvelles », a également été arrêté et placé en garde à vue, selon son avocat.

Patron du site d’informations Dakar Matin, M. Niang avait évoqué vendredi l’arrestation de M. Sonko dans une vidéo diffusée en direct sur les réseaux sociaux.

Il a également décidé d’observer une grève de la faim, a affirmé son avocat.

africanews

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